ISBN 978-2-88340-105-1
Pages 352
Format 16 x 24
Prix 30 CHF
24.50 €

WeinstockCouleur Espérance

La mémoire ouvrière juive autour de 1900, textes autobiographiques présentés et traduits du yiddish

Ils s’appelaient « Abraham le Graveur », « Dovid le Tisserand » ou « Lisa la Couturière », et vivaient entre deux cultures, la vie juive traditionnelle et le monde industriel qui venait frapper aux portes du shtetl, la bourgade juive fermée sur elle-même. Enthousiasmés par l’espoir de bâtir un monde meilleur, ils se sont plongés dans la lutte sociale et ont embrassé avec passion la cause du socialisme. Proclamations, manifestations, grèves, insurrections : ils ont été de toutes les luttes, toujours au premier plan. De toutes les déceptions aussi…

Voici, traduits du yiddish par Nathan Weinstock, tels que leurs plumes les ont figés, les mémoires de quelques « fantassins » de ce combat, militants de la base. Au-delà du cours des événements dont l’écho s’est tu aujourd’hui, leurs biographies nous émeuvent, car il s’agit de l’histoire d’hommes et de femmes décidés à se dresser contre l’injustice. Ils nous révèlent la lutte d’une génération entière pour conquérir le premier de tous les biens : la dignité.

La richesse de ces textes, c’est aussi leur contraste. Tandis que Leon Bernstein nous dépeint l’adhésion au mouvement socialiste comme une entrée en religion qui purifie l’âme, « A Litwak » nous livre une description impitoyable du sous-prolétariat juif désocialisé de Varsovie.

Ces écrits autobiographiques, de tonalités et de sensibilités diverses, doivent être considérés comme un document d’histoire sociale exceptionnel. Ils nous restituent une époque révolue et un monde englouti. Nous entendons battre à travers ces lignes le pouls d’un univers rythmé par les rites religieux et enserré dans des cadres sociaux que l’on sent craquer sous la pression des forces du modernisme.

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