ISBN 978-2-88340-096-2
Pages 96
Format 15 x 24
Prix 25 CHF
14.50 €

GattiIncertitudes de Werner Heisenberg, Feuilles de brouillon pour recueillir les larmes des cathédrales dans la tempête et dire Jean Cavaillès sur une aire de jeu

Texte du spectacle joué à Genève en été 1999.
«Ce soir-là, ce fut peut-être aux environs de minuit que je me rappelai brusquement ma discussion avec Einstein, et que je me souvins de sa phrase : “Seule la théorie décide de ce que l’on peut observer.” Je réalisai immédiatement que c’est dans cette remarque qu’il fallait chercher la clef de l’énigme qui nous avait tant préoccupés. J’entrepris alors une promenade nocturne à travers le Fälledpark pour réfléchir à la portée de la phrase d’Einstein. Nous avions toujours dit : on peut observer la trajectoire d’un électron dans la chambre de Wilson. Mais peut-être n’était-ce pas tout à fait cela que l’on observait réellement. Peut-être ne pouvait-on apercevoir qu’une suite discontinue de positions imparfaitement précisées de l’électron. Effectivement, ce que l’on voit dans la chambre, ce sont simplement des gouttelettes d’eau dont chacune est certainement beaucoup plus étendue qu’un électron.

La question correcte devait donc être posée ainsi : Peut-on représenter, dans le cadre de la mécanique quantique, une situation où un électron se trouve à peu près – c’est-à-dire à une certaine imprécision près– en une position donnée, et possède à peu près – c’est-à-dire à nouveau à une certaine imprécision près – une vitesse donnée ? Et peut-on rendre ces imprécisions suffisamment faibles pour qu’il n’y ait pas de contradiction avec l’expérience ? Un bref calcul que j’effectuai au retour vers l’Institut confirme qu’une telle situation pouvait être représentée mathématiquement, et que les imprécisions sont liées par les relations qui ont été appelées plus tard “relations d’incertitude de la mécanique quantique”.»

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